Pol Guézennec casse les frontières entre art contemporain et public
Les Murs baladeurs à Plonéis

 « Les murs baladeurs » de
l'artiste quimpérois Pol Gué-
zennec font une escale à Plo-
néis. Aprés vingt ans de vie
artistique, l'enseignant en
arts plastiques a toujours un
vieux rêve : casser les fron-
tières entre l'art contempo-
rain et son public.

« Au lieu de nous enfermer dans
la peinture de petits bateaux, Pol
nous a offert la liberté d'aller navi-
guer le long des golfes clairs...
»
Punaise ! Mais c'est un discours d'ini-
tié que tient Lionel, barbe poivre et
sel, ciré jaune. Gros éclats de rire.
Mais non, mais non, les peintres
amateurs, élèves de Pol Guézennec
ne se prennent pas la tête. Ce sont
des « peintres du dimanche » heu-
reux. Ils viennent de milieux divers
(sage-femme, prothésiste dentaire,
technicien, enseignant), vous par-
lent de la jouissance de réaliser une
oeuvre collective. Tout en précisant
« Il ne faut pas se tromper, c'est bien
Pol le capitaine du radeau. Mais ce
n'est pas le radeau de la méduse.
Ce n'est pas « vogue la galère non
plus !
» Lionel, dix ans de cours avec
Pol Guézennec, reloint par Christi-
ne, une petite jeune (trois ans de
cours), poursuit: « Pol nous a appris
à être d'aujourd'hui . Cela ne veut
pas dire que nous méprisons les
oeuvres des générations d'avant.
Bien au contraire. Nous savons que
si nous sommes là, c'est bien par-
ce que d'autres ont travaillé avan

nous. Nous nous imprégnons de
l'histoire, tout en apportant une
touche de notre époque. C'est notre
façon à nous d'essayer d'être d'au-
jourd'hui.
»
Petits bateaux en papier qui se
balancent au souffle d'un ventila-
teur. Symboles, pictogrammes,
sigles tracés à l'encre de Chine
sur des morceaux de toile du lougre.
Sirènes bien en chair, harmonieuses
comme des miniatures persanes.
Et cirés jaunes sur peintres ama-
teurs... Ici, la peinture vit, bouge,
parle. Pol Guézennec avait annon-
cé la couleur sur le carton d'invita-
tion du vernissage de l'exposition :
« Happening - Peinture vivante. L'Ula-
mir
(le lieu de l'exposition) est bleu.
Faudra voir à capeler les cirés
jaunes en contrepoint
» Le créateur

de la sculpture sociale, de la pein-
ture vivante vous explique: « Mes
élèves et moi (plus de 50}, nous nous baladons dans le méme tableau. Nous choisissons un fil conducteur. Je joue au chef d'orchestre. Là, nous avons vogué le long des golfes clalrs. Au rythme d'un rendez-vous hebdomadalre, je fonctionne par inclusion, pas par exclusion.
»
 Pour exposer ? Les oeuvres des « Murs baladeurs » sont visibles sur Internet. L'artiste ayant créé, il y a maintenant trois ans, une galerie virtuelle pour présenter des tableaux d'amateurs. En plus des expositions, bien sûr. « Je suis comme Johnny (le chanteur), le suis chez moi là où on m'aime », confie-t-il. T'inquiètes pas Pol. On t'aime.

Josiane LE PIERRES.

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