Plus de 4 000 personnes pour écouter le chant corse de "I Muvrini"
La force des voix venues de la terre

I Muvrini
(le concert)
Yann-Fañch Perroches (le concert)

 

Photo Fred Tanneau.


Photo Fred Tanneau.

Plus de quatre mille personnes étaient lundi soir dans l'amphithéâtre de la place de la Résistance, à Quimper, pour applaudir "I Muvrini ", première soirée d'un festival de Cornouaille qui s'annonce chaud. Les polyphonies corses ont emballé le public. Pendant une soirée, I Muvrini, les "mouflons", ont fait partager une passion qui s'exprime par le chant, la passion d'une terre, la Corse. Dans la foule, surgissent les drapeaux ornés d'une tête de maure ceinte d'un bandeau blanc, le symbole d'un petit pays, grand par l'attachement de ses habitants à leurs racines même si leur histoire n'est pas forcément un lit de roses.

Et c'est ce que chantent "I Muvrini". "Je viens de ces rivages qui n'ont pas su, j'invente un peuple heureux… J'aimerais dire : enfin, il fait beau ce matin". Jean-François Bernardini dit en français, de sa voix forte et belle, les paroles des chansons qu'il entonne ensuite avec son frère. Ils sont accompagnés par tout un groupe de chanteurs et de musiciens. Ils ont la main sur l'oreille comme pour protéger le son qui sort de leur gorge mais aussi de leur âme, un son pur et dur comme du diamant.

Chants incantatoires, puissants, qui déchirent l'air chaud et moite de cette soirée d'été qui n'a rien à envier à la Corse. Après un chœur d'hommes, dialogue entre les deux frères Alain et Jean-François, des rythmes contemporains donnent encore plus de force à ces airs venus du passé. Les mélopées lancinantes alternent avec des chants gutturaux, la tendresse et la violence sont là, à fleur de peau.

Mais l'humour soudain arrive à pas menus avec Jean-François qui précise entre deux chansons : "I Muvrini" n'est pas notre patronyme… On a pensé à notre mère. Un fils célèbre, ce sera difficile, alors deux ! Mais si vous écrivez sur l'enveloppe "I Muvrini" à Bastia, ça arrivera chez elle. Il y a deux personnes en Corse qui sont débordées, le facteur de Bastia et Francis du côté d'Ajaccio. Vous en avez entendu parler ? Il est complet midi et soir !" Les polyphonies corses sont issues d'une tradition séculaire. Mais elles ont aussi le sens de l'actualité...

 

Michelle Sénant.

 

       






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