Des bagadoù absents et des brèches dans le cortège
Un défilé en demi-teinte


L'ambiance dans la rue

































Malgré un nombre légèrement inférieur de groupes par rapport aux années précédentes, le défilé de dimanche matin s'est inutilement traîné en longueur, des trous béants étant parfois laissés entre les cercles ou bagadoù participants. Avec une fin de défilé, notamment, frisant le laisser-aller.

Il ne faudrait pas commettre l'erreur, parce que les innovations de l'édition 1999 se sont révélées intelligentes et "payantes", de laisser pour autant de côté les "fondamentaux" du Festival de Cornouaille. A commencer par le fameux défilé, qui a fait, depuis des dizaines d'années, sa réputation. Quimper devrait d'ailleurs se méfier, après avoir perdu son leadership dans ce domaine au profit de l'Interceltique de Lorient, de ne pas se faire également rattraper par d'autres rassemblements du même genre.

Tous les organisateurs de ce type de manifestation ont, depuis plusieurs années en Bretagne, de plus en plus de difficultés à rassembler un gros plateau. D'abord parce que les déplacements et prestations des groupes, notamment de haut niveau, coûtent cher ; ensuite, et c'est essentiellement vrai pour les formations musicales, parce que les bagadoù sont lancés dans une logique de concours leur prenant un temps fou. C'est encore plus vrai pour le festival de Cornouaille, qui se situe à quinze jours des finales du championnat des bagadou. Il s'agit d'un simple constat : une demi-douzaine de formations de première catégorie manquaient à l'appel hier.

Reste que le " plateau " du défilé était tout ce qu'il y a d'intéressant, avec pas moins de six bagadoù de première catégorie. Après un début de défilé satisfaisant, on peut regretter que les temps d'attente entre les groupes se soient, au fil de la matinée, allongés, créant vers la fin du cortège, de véritables brèches béantes : plus de cinq minutes, montre en main, par exemple, entre le cercle qui précédait et le Bagad Briec, et à peu près la même chose pour le pipe-band écossais ou encore l'arrivée du Bagad Kemper. Trois formations, que n'auront pas vu passer des milliers de spectateurs, écœurés par l'attente, et qui, en s'égayant, ont participé à une joyeuse panique, ne respectant souvent pas les groupes eux-mêmes, et coupant le cortège à qui mieux mieux. Il faudrait sans doute voir à resserrer les rangs.


Ronan Gorgiard.







Copyright Technopole Quimper Cornouaille France-Ouest 1999