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Photo Vincent Mouchel

A travers la foule, dans le Quimper historique

La foule a envahi Quimper, hier, pour la nuit des vieux quartiers, gratuite cette année.
Vers 19 h, au pied de la cathédrale éclairée par un soleil d'été, le brouhaha des touristes se mêlait aux bombardes, qui s'échauffaient pour les concerts du soir.
Seize artisans d'art, dont l'entreprise de Broderie Le Minor, à Pont-L'Abbé, présentaient leur savoir-faire sur des stands. "Nos stylistes s'inspirent des motifs traditionnels des costumes, mais également du mobilier et de l'architecture, pour inventer de nouveaux linges de table brodés ou imprimés", expliquait Gildas Le Minor. Samedi, il livrera les 25 costumes du bagad Ergué Gabaric qui défilera... dimanche! Sur cette même place, quelques heures plus tard, le groupe du pays de Redon Katé-mé lancera des tours et des ridées, avec force bombarde et guitare électrique. Les paroles en français raconteront des "histoires tristes mais qui se finissent mieux que celles de Basse-Bretagne", selon le chanteur Mathieu Hamon.


Dans la rue Kéréon, rayonnantes et fatiguées après leur défilé, quatre demoiselles du bagad Glazik Kemper, costumes noir et bleu roi, se dépêchaient d'aller se changer pour assister aux concerts, habillées à la mode contemporaine. "Le 31 du mois d'août, nous vîmes passer sous l'vent à nous une frégate d'Angleterre..." chantaient au même instant les 15 chanteurs douarnenistes de Mouez Port Rhu, sur la place Saint-Mathieu, leurs visages de marins accrochés par le soleil oblique. Tandis que les tablées qui les écoutaient s'enfilaient des poêlées d'andouilles et des pommes de terre. "Quand le beurre sera frais, il redeviendra clair", expliquait, rue du Salle, une adhérente de l'association des Vieux métiers de la presqu'île de Crozon. En attendant, elle étaient deux à se relayer pour tourner la baratte à la manivelle. La petite barrique de bois contenant la crème tournera plus d'une heure, sous le regard intéressé des touristes.


La nuit tombée, les rues pentues du vieux Quimper drainaient toujours plus de piétons, curieux d'aller de découverte en découverte, de scieurs de tronc d'arbre en conteur. A proximité de l'auditorium, où s'infiltrait la foule pour écouter des chorales, Geneviève tissait sur un vieux rouet d'avant-guerre la laine des moutons de sa fille, lavée à l'eau de source. C'est toute la finesse d'une civilisation qui captivait alors le public, hypnoptisé par ces doigts agiles transformant la laine en fil, le plus simplement du monde. Plus bas, sur la place au beurre, sur fond de belles maisons de pierre aux toits assouplis par le temps, le groupe Heb Ken lançait une suite écossaise avec banjos et iuellan pipe.
Et sur la place Saint-Corentin, au pied de la cathédrale qui surgissait blanche dans la nuit, la démonstration de battage s'achevait, des enfants s'enthousiasmaient à sautiller sur la paille : quelle texture étrange !
Sur les rives nocturnes de l'Odet, tandis que Matmatah faisait un tabac à l'amphithéatre avec les "Wah Wah!" et les "Oh oh oh oh!" criés par son public, deux danseuses du cercle celtique de Mederien Penhars, portant les costumes du Quimper de 1870, papotaient, accoudées à la balustrade. La nuit des vieux quartiers, c'était une belle nuit d'été du Quimper éternel.


Photo Vincent Mouchel

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