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2 000 spectateurs saisis par la bougeotte galicienne.

Certes, ce n'était pas le public de Matmatah ou de Stivell. On s'y attendait un peu. Carlos Nuñes, déjà considéré comme un virtuose dans les milieux de la musique traditionnelle, doit encore conquérir le grand public européen. Mais ce jeune homme longiligne au grand front balayé de mèches folles, va très vite.
Il avait 13 ans lorsqu'il s'est produit pour la première fois sur la scène du festival interceltique de Lorient. Il a ensuite travaillé avec les Chieftains, qui ne prennent pas n'importe qui, et était l'invité de Dan Ar Braz pour le second Héritage des Celtes. Le jeune homme de 26 ans est donc bien parti pour faire une grande carrière. Le public réuni hier soir dans l'amphithéâtre, pour ce dernier concert du festival de Cornouaille, s'est laissé porter par les ballades jouées avec une flûte de velours, et les danses légères du Galicien. " Yé vé vous jouer un résoum de l'alboum des Chieftains. "
Sur scène, Carlos Nuñes explose de joie de vivre, joue de sa cornemuse comme un rocker d'une guitare électrique, se démène comme un diable fou de musique. Difficile de rester indifférent devant ce débordement d'enthousiasme, cette tornade joyeuse et virevoltante.
Le festival s'est achevé sur un moment de vrai bonheur musical.

Interview de Carlos NUNEZ

Quelle est votre relation à Quimper et à son festival ?
Je suis venu pour la première fois au festival de Cornouaille en 1984. En visiteur. J'ai tout de suite été séduit par le côté Saint-Jacques de Compostel. Ici, on respire. Je m'étais promis de revenir un jour pour jouer. Et en 1990, j'ai réalisé ce souhait qui me tenait vraiment à cœur. Pour moi, Quimper représente une Bretagne idéale.

Quelles sont les particularités qui font que Quimper soit pour vous une telle référence ?
Il y a un formidable cercle de musiciens dans cette ville. A l'occasion de ma collaboration avec Dan Ar Braz et de la tournée avec l'Héritage des celtes, j'ai découvert le bagad de Quimper. Quelle formidable aventure ! J'ai réalisé avec cette expérience que Quimper était animé par un esprit musical très ouvert. Et, plus globalement, je considère que la Bretagne est le pays celte qui réinvente le mieux sa tradition et sa culture. Il y a dans cette région comme une prédisposition à innover.

Comment jugez-vous l'évolution de la musique celtique aujourd'hui ?
On la rencontre partout, aux Etats-Unis, au Canada et même en Amérique latine où les rythmes l'enrichissent de plus en plus. Elle est internationale et rencontre un succès croissant. Au Japon, par exemple, où je joue beaucoup, ils sont fascinés par cet univers et veulent connaître tous les petits détails.

Et la Galice celte, quelle place tient-elle dans ce concert international ?
La Galice a beaucoup de points communs avec la Bretagne. On fait vivre la musique traditionnelle partout, à Barcelone, à Madrid, à Séville. Et on essaie aussi d'y cultiver un esprit universel pour s'ouvrir sur le monde, apprendre des autres et évoluer.

Votre spectacle est bouillonnant. Quelle sont les lignes de force qui animent cette vitalité ?
Ce spectacle est avant tout le reflet de mon caractère. J'aime ce qui bouge. Sur scène et ailleurs. Hier, j'étais à Londres, demain, je serai à Madrid. Du point de vue musical, le ciment de ce spectacle est bien-sûr la musique de tradition mais en contact permanent avec toutes les musiques et notamment le rock et la pop anglaise. Et puis il y a aussi des influences qui me sont plus personnelles comme celle de Dan Ar Braz qui est pour moi la porte ouverte à une variété infinie de sons entre tradition et création.

 

(Realaudio)
Interview de Carlos NUNEZ.

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