Un cheval d'orgueil trottait dans sa tête

Ses camarades de classe le surnommaient "le Pohu", le râleur. Pierre-Jakes Hélias, conteur de légende et grand maître de la littérature bretonne, critiquait et revendiquait, influencé par un orgueil puisé tout droit de la source familiale. Fier de son double héritage, d'une culture bretonne revendiquée et d'une culture contemporaine apprivoisée - il aimait beaucoup les écrivains classiques, de Gérard de Nerval à Shakespeare -, Hélias, écrivain tardif, maria sa fierté et son identité dans son roman Le cheval d'orgueil. Cette chronique d'une Bretagne en train de disparaître, son histoire, fut traduite en vingt langues et fit connaître une culture encore vivace bien au delà des terres bretonnes. Le festival de Cornouaille rend aujourd'hui hommage à cet "émerveilleur" avec une conférence animée par ses amis et la projection d'un documentaire et du film tiré de son roman-fétiche. Disparu en 1995, Pierre-Jakes Hélias reste très présent dans des événements qui, comme le festival de Quimper, unissent tradition et modernité. L'héritage qu'il laisse à son tour aux Bretons et aux minorités culturelles se résume en deux mots : la fierté.


22/07 - Photo no. 5