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La résistance active de Bolivia Manta
Les visages cuivrés aux traits saillants semblent jaillir du passé. La chute des empires mayas et incas n'a pas empêché les corps et les traditions de survivre aux mutilations des conquistadors. C'est ce passé des minorités indiennes du Pérou, d'Equateur et de Bolivie que le groupe Bolivia Manta de Carlos et Julio Arguedas entretient et embellit. Les épais costumes rituels des musiciens et des danseurs rappellent les Andes originelles et contrastent avec la chaleur des couleurs, des musiques et des danses. Sous l'exotisme de surface, les spectateurs du festival de Cornouaille ont su trouver, par leurs rappels à la fin du spectacle, la parenté entre les dynamismes culturels breton et andin. Face à l'hégémonie de quelques cultures, en Bretagne comme dans les Andes, le passé doit se défendre sans s'isoler. Un dilemme que résume bien le dicton de Pierre-Jakes Hélias :Hier sans demain, aujourd'hui ne vaut rien.
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A Quimper, seul le soleil se couche
Pour célébrer les traditions, la journée ne suffit pas. Comme toutes les fêtes bretonnes, grandes ou petites, le festival de Cornouaille a prévu de jouer les prolongations toute la semaine : quand le soleil décline, les Bretons s'animent et se rendent entre amis ou en famille aux fest-noz - les fêtes de la nuit, en breton. Parfois, il n'y a même pas besoin de musique : les gwerz, duos chantés a capella, scandent des chansons traditionnelles dont le rythme fait progresser un long serpentin de danseurs. On ne se connaît pas, mais ça ne dure pas bien longtemps : chaque danseur attrape la main du premier inconnu et on sautille en cadence, unis dans la danse. Seule la timidité n'est pas de la fête. |
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Ses camarades de classe le surnommaient "le Pohu", le râleur. Pierre-Jakes Hélias, conteur de légende et grand maître de la littérature bretonne, critiquait et revendiquait, influencé par un orgueil puisé tout droit de la source familiale. Fier de son double héritage, d'une culture bretonne revendiquée et d'une culture contemporaine apprivoisée - il aimait beaucoup les écrivains classiques, de Gérard de Nerval à Shakespeare -, Hélias, écrivain tardif, maria sa fierté et son identité dans son roman Le cheval d'orgueil. Cette chronique d'une Bretagne en train de disparaître, son histoire, fut traduite en vingt langues et fit connaître une culture encore vivace bien au delà des terres bretonnes. Le festival de Cornouaille rend aujourd'hui hommage à cet "émerveilleur" avec une conférence animée par ses amis et la projection d'un documentaire et du film tiré de son roman-fétiche. Disparu en 1995, Pierre-Jakes Hélias reste très présent dans des événements qui, comme le festival de Quimper, unissent tradition et modernité. L'héritage qu'il laisse à son tour aux Bretons et aux minorités culturelles se résume en deux mots : la fierté. |
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Et pourtant, elle souffle !
Avant son audition, elle n'en mène pas large, Marine. Bretonne de Concarneau et pourtant sonneuse novice - elle a seulement commencé à jouer de la bombarde il y a trois ans -, elle tente aujourd'hui le concours de sonneurs Pierre Pulvé, ouvert aux débutants. Avec sa copine Aurélie native, elle, de Landerneau, elles ont répété, trop peu à leur goût, la marche et la danse qu'elles exécutent. Le jury est composé de sonneurs, membres d'un bagad comme elles. Aurélie manie le biniou braz, le plus grand, dont les deux bourdons rendent un son grave et qui nécessite un souffle régulier mais basé sur la respiration. Son amie l'accompagne en jouant de la bombarde, cette flûte traditionnelle qui réclame un souffle puissant et constant. Marine s'applique et s'époumone, les joues en feu. C'est pour elle presque un supplice, mais pour l'auditoire un délice.
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